
Une entreprise peut souscrire une assurance cyber en pensant être protégée contre les conséquences d’un incident informatique. Mais qu’arrive-t-il lorsque la cyberattaque survient et que certaines des mesures de sécurité déclarées à l’assureur ne sont pas réellement en place?
Les cyberattaques touchent des organisations de toutes tailles et de tous les secteurs. Pour une PME, les conséquences peuvent être importantes : interruption des activités, perte de données, frais de récupération et atteinte à la réputation.
L’assurance cyber peut contribuer à couvrir certains de ces coûts. Toutefois, elle vient avec des conditions. Les assureurs cherchent notamment à comprendre comment une entreprise protège ses systèmes, ses données et ses accès.
Avoir une assurance ne garantit donc pas automatiquement une indemnisation. Encore faut-il comprendre les exigences de son contrat et s’assurer que les protections déclarées sont réellement en place.
1. Avoir une assurance cyber, est-ce suffisant?
Avec la multiplication des cybermenaces, l’assurance cyber devient un outil de gestion des risques pour les entreprises. Elle peut aider à absorber certains frais liés à une attaque, comme l’intervention de spécialistes, la récupération des données ou les pertes d’exploitation.
Mais attention au faux sentiment de sécurité : une assurance cyber ne prévient pas les attaques et ne remplace pas une stratégie de cybersécurité.
Lors de la souscription, l’assureur peut demander des renseignements sur l’environnement informatique de l’entreprise et ses pratiques de sécurité. Ces informations servent à évaluer le risque et à déterminer les conditions de couverture.
Certaines mesures peuvent être exigées, tandis que d’autres peuvent influencer les limites ou le coût de la police. Les exigences varient selon l’assureur, le contrat et le profil de l’entreprise.
2. Ce que les assureurs veulent savoir sur votre environnement TI
Les questionnaires de souscription peuvent contenir des questions très techniques. Les assureurs cherchent notamment à savoir si l’entreprise dispose de moyens suffisants pour prévenir les incidents, détecter les menaces et récupérer ses données.
Parmi les mesures fréquemment évaluées :
- Authentification multifacteur (MFA) : est-elle activée pour les accès importants, notamment les courriels, les comptes administrateurs et les connexions à distance?
- Protection des postes (EDR) : les appareils et serveurs sont-ils surveillés afin de détecter les comportements suspects et de faciliter les interventions?
- Sauvegardes isolées et immuables : les données sont-elles protégées contre la modification ou la suppression en cas de compromission du réseau? Les restaurations sont-elles testées?
- Mises à jour et correctifs : les systèmes sont-ils maintenus à jour pour corriger les vulnérabilités connues?
- Gestion des accès et sensibilisation : les utilisateurs disposent-ils des permissions nécessaires et savent-ils reconnaître les tentatives d’hameçonnage?
- Plan de réponse aux incidents : l’entreprise sait-elle qui contacter et quelles actions entreprendre en cas d’attaque?
Il ne suffit toutefois pas de posséder ces outils. Il faut aussi s’assurer qu’ils sont correctement configurés, qu’ils couvrent les systèmes concernés et qu’ils sont maintenus dans le temps.
3. Les déclarations qui peuvent coûter cher
L’un des aspects les plus importants lors de la souscription est l’exactitude des renseignements fournis à l’assureur.
Un questionnaire peut sembler simple à remplir, mais certaines réponses nécessitent une bonne compréhension de l’environnement informatique.
Par exemple, répondre que le MFA est activé partout alors qu’il ne protège que certains comptes crée un écart entre la situation déclarée et la réalité. La même chose peut se produire lorsqu’une entreprise affirme effectuer des sauvegardes régulières sans savoir si celles-ci sont isolées ou réellement restaurables.
Ces erreurs ne sont pas nécessairement intentionnelles. La personne qui remplit le questionnaire ne possède pas toujours les connaissances techniques nécessaires pour confirmer chaque réponse.
Pourtant, les renseignements transmis peuvent influencer l’évaluation du risque et les conditions du contrat.
Il est donc préférable de valider les réponses avec les personnes responsables de l’environnement informatique avant de transmettre le questionnaire.
Une protection déclarée devrait toujours correspondre à une protection réelle et vérifiable.
4. Pourquoi une réclamation peut-elle être refusée ou contestée?
Lorsqu’une entreprise subit une cyberattaque, elle peut s’attendre à ce que son assurance intervienne. Pourtant, toutes les pertes ne sont pas automatiquement couvertes.
Plusieurs éléments peuvent influencer la décision de l’assureur :
- Déclarations inexactes ou omissions importantes : les renseignements fournis lors de la souscription ne correspondent pas à la réalité.
- Non-respect des conditions contractuelles : certaines mesures de sécurité prévues au contrat ne sont pas maintenues.
- Exclusions et limites de couverture : certains types de fraudes, de pertes financières ou d’interruptions peuvent être exclus ou soumis à des conditions particulières.
Les conséquences dépendent des circonstances et des dispositions de la police. Une déclaration inexacte ne mène pas automatiquement à un refus d’indemnisation, tout comme l’absence d’une mesure de sécurité ne rend pas nécessairement une assurance invalide.
Il faut également distinguer un refus complet, une contestation de couverture et une indemnisation partielle. Ce sont des situations différentes qui méritent d’être comprises avant de souscrire.
5. Comment éviter les mauvaises surprises?
Pour éviter de découvrir les limites de sa couverture après un incident, une entreprise devrait prendre quelques précautions :
- Relire sa police : comprendre les protections, les exclusions, les limites et les conditions à respecter.
- Faire vérifier son environnement TI : confirmer que les mesures déclarées sont réellement implantées.
- Documenter les protections : conserver des traces des configurations et des vérifications effectuées.
- Tester les sauvegardes : s’assurer que les données peuvent réellement être restaurées.
- Réviser régulièrement la sécurité : vérifier que les protections demeurent adaptées lorsque l’entreprise évolue.
Être assuré, c’est bien. Être préparé, c’est essentiel.
Une assurance cyber peut aider une entreprise à absorber certaines conséquences financières d’une attaque. Mais elle ne remplace ni les mesures de prévention, ni la surveillance de l’environnement informatique, ni la capacité de récupérer ses données.
La vraie question n’est donc pas seulement de savoir si votre entreprise possède une assurance cyber, mais si elle dispose réellement des protections nécessaires pour limiter les dommages et respecter les conditions de sa couverture.
La meilleure protection repose sur une approche complémentaire : prévenir les incidents, être prêt à y répondre et disposer d’une assurance adaptée aux risques de son entreprise.

